Le 19 juin 2005 - Un simulacre de GP (USA)

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JTarJ
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Le 19 juin 2005 - Un simulacre de GP (USA)

Message par JTarJ » sam. 03 févr. 2018 3:47

Originellement posté par FlashMcQueen le 02/01/2009

Image :arrow: Six partants pour le GP des Etats-Unis 2005.

Le 19 juin 2005 : Un simulacre de GP...

49e GP des Etats-Unis.
6e GP à Indianapolis (20 à Watkins Glen, 8 à Long Beach, 7 à Détroit, 3 à Phoenix, 2 à Las Vegas, 1 à Sebring, Riverside et Dallas).

Le vendredi 17 juin 2005:

C'est la 2e séance d'essais libres sur le Motor Speedway à Indianapolis.
Ralf Schumacher (Toyota) lancé à près de 300 km/h s'écrase violemment contre le mur du virage n°13 précédant la ligne droite des stands.
Il annoncera plus tard qu'il ne pilotera pas du week-end.

:arrow: L'accident de Ralf Schumacher Image

S'il est spectaculaire, ce virage n°13 impose aussi des contraintes latérales particulièrement importantes aux pneumatiques.

Avec un angle alant jusqu'à 9°, ce virage n°13 exige un compromis gauche-droite sur les règlages de la suspension. Le pneumatique gauche subit un grande pression, et la température dans la zone en rouge (en-dessous sur le schéma) augmente. Lorsque la température est trop grande pendant trop longtemps, cela peut amener à la rupture. Et courir avec une faible pression dans les pneus, en uilisant des règlages de suspension plus rigide ne fait qu'aggraver le problème.

:arrow: Turn 13 (Motor Speedway Indianapolis) Image

Toujours est-il, que dans une lettre adressée au directeur de course Charlie Whiting, les représentant de chez Michelin - Pierre Dupasquier et Nick Shorrock - expliquent ne pas connaître la cause des défaillances de pneus et qu'à moins que les voitures ne soient ralenties dans le virage n°13, ils ne pourraient pas garantir la sureté de leur pneumatiques pour plus de 10 tours.

:arrow: Charlie Whiting - Directeur de course Image

Whiting a répondu le dimanche 19 juin en exprimant sa surprise que Michelin n'ait pas apporté les pneumatiques adaptés, et que le fabricant suggère aux équipes de contraindre les pilotes à une vitesse limitée dans le virage n°13. Il évoqua les différentes solutions proposée par les équipes, insistant sur le fait que l'utilisation de nouvelles spécifications de pneus opérées dans la nuit serait "une violation du règlement , et le placement d'une chicane dans le virage est "hors de question".

Dans une seconde lettre, également datée du 19 Juin, Dupasquier et Shorrock confirment qu'ils ne permettraient pas à leurs équipes de prendre part à la course chaussées de pneus Michelin et ont également réitéré leur demande de ralentir le virage n°13. Et Whiting répondit birèvement qu'aucun changement ne serait autorisé et donna aux équipes le choix entre:

- limiter leur vitesse dans le virage n°13,
- utiliser des pneux avec d'autres spécifications ce qui entraine dans ce cas des pénalités comme le prévoit le règlement,
- ou bien le changement de pneus à répétition ce qui est autorisé si la sécurité d'un pilote est en cause.

Une rencontre entre le propriétaire de Motor Speedway Tony Geores, les deux plus hauts représentants de Michelin présents sur le circuit, Bernie Ecclestone, les principales équipes et représentants de chez Michelin fut organisée. Tous les invités furent présents à l'exception de Jean Todt.

Les représentants de Michelin campèrent sur leur position selon laquelle les pneus fournis aux équipes ne pouvaient pas terminer la course à distance, et demandèrent à ce que les équipes Bridgestone autorisent l'installation d'une chicane dans le virage n°13. La solution de la FIA selon laquelle les monoplaces équipées de pneus Michelin n'avait qu'à limiter leur vitesse fut rejetée par l'ensemble de personnes présentes en raison du danger d'accident que cela représentait.

Rejetant également la possibilité de faire des arrêts tous les dix tours de piste, il a été finalement décidé que la chicane était la meilleure solution, et des représentant techniques furent chargés de préparer les plans pour cette installation. Ecclestone voulut s'assurer de l'accord de Jean Todt et de Max Mosley le directeur de la FIA, il quitta la réunion pour revenir un peu plus tard.

Revenant à la réunion, il informa le groupe que Todt a refusé de consentir à la chicane: expliquant que selon Todt c'est le problème de Michelin et de la FIA mais pas le sien. Lorsque le compte-rendu fut publié, Jean Todt avait déjà nié avoir été consulté mais expliqua que s'il avait été consulté, il n'aurait pas été d'accord pour l'installation d'une chicane. Enfin, Ecclestone rapporta les propos de Max Mosley, qui lui, annulerait purement et simplement le GP si le circuit était modifié.

La réunion se poursuivit et les participants continuèrent de proposer d'autres solutions en proposant que cette course ne soit pas comptée dans le championnat ou bien que les équipes chaussées Michelin ne marquent pas de points pour cette course, ou encore que la chicane soit utilisée que par les équipes Michelin. Et il fut finalement décidé que la meilleure solution était d'installer la chicane et de gérer une course qui ne compterait pas pour le championnat, même sans Ferrari si nécessaire.

Image :arrow: Nick Shorrock et Pierre Dupasquier

Au final, après une courte pause de la réunion, il apparaît que Mosley a rejeté l'ensemble des propositions, indiquant que le GP des Etats-Unis serait en danger si cette course ne comptait pas pour le championnat ou si le circuit recevait des modifications.

Bref, les partenaires de Michelin n’ayant pas pu convaincre la FIA de modifier le circuit ou son règlement malgré l’urgence de la situation, ils ont fait front commun et sont tous rentrés aux stands à l’issue du tour de formation du Grand-Prix des USA.

:arrow: Fin du tour de formation Image

Six monoplaces sur la grille à l’extinction des feux mais des dizaines de milliers de spectateurs (140.000 entrées enregistrées) flouées.

Au départ, Michael Schumacher prend le meilleur sur Barrichello, Monteiro fait de même avec son coéquipier... et la course est terminée. Les pilotes Michelin restent dans leur cockpit durant deux tours, dans les stands, histoire de s’assurer qu’aucune brebis galeuse ne prendra la piste, puis dégrafent leurs harnais. Le public hurle sa douleur et son indignation en usant parfois des comportements les plus bas – jet de canettes de bière et de bouteilles d’eau sur la piste – frappe des pieds dans les tribunes avant de les déserter.

Image :arrow: Les fans montrent leur mécontentement

Michelin a remboursé les billets de tous les spectateurs présents à la course et achèta 20 000 billets en vue de les offrir en 2006 aux spectateurs présents en 2005, une manière de promouvoir le Grand Prix des États-Unis.
Le contrat liant l'Indianapolis Motor Speedway et la FOM fut reconduit jusqu'en 2007 à Indianapolis.

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