Innes Ireland

Ici on parle des pilotes de F1, des vrais, ceux qui avaient du poûal et de la moustache
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JTarJ
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Innes Ireland

Message par JTarJ » sam. 10 févr. 2018 4:55

Originellement posté par Tikimi le 17/06/2010

"On l'a retrouvé bourré sur le toit de son hôtel, tirant des coups de feu en l'air pour pester contre l'heure de fermeture du bar d'où il venait de fêter sa victoire"


Bien qu’excellent pilote, Innes Ireland n’a pas marqué l’histoire de la formule 1 de part ses performances. Plutôt par son caractère. Au même titre que Berger, Hunt et bien d’autres, Ireland était un sacré personnage !

Fils de vétérinaire, Ireland est né le 12 juin 1930 à Mytholmroyd, en Angleterre. Il devient lieutenant pour le King's Own Scottish Borderers, régiment d’infanterie de l’Armée de Terre britannique. C’est à 26 ans, en 1956 donc, qu’il se découvre un intérêt pour le sport automobile.

En 1957, il participe à quelques épreuves de F2 sur Cooper-Climax, mais également à l’International Trophy avec l’équipe Endeavour pour, qui sera sa première course Hors Championnat. Première d’une longue série. Sa Cooper T43 Climax F2 ne l’amènera pas jusqu’à l’arrivée. Il aura, dans sa carrière l’occasion de rattraper son échec à l’International Trophy ! En 1958, il court les 24h du Mans au volant d’une Lotus 11 achetée. En Avril 1959, Innes Ireland déclare forfait aux 200 miles d’Aintree, mais tente à nouveau sa chance à L’International Trophy, cette fois-ci au volant d’une Lotus 16 F2 avec laquelle il terminera 11e.

Le 31 mai 1959, Innes Ireland atteint enfin la F1. Intéressé par les performances du Britannique, Colin Chapman lui offre un volant pour le Grand Prix des Pays-Bas 1959, en second de Graham Hill. Il remplace Paul Lovely qui avait couru le premier GP de la saison. Le GP des Pays-Bas est le troisième de la saison, après Indianapolis, où les Européens ne se déplacent pas. Cela revient à dire qu’Ireland a un GP de retard sur ses adversaires. Sur le circuit de Zandvoort donc, pour ses premières qualifications, Ireland obtient la 9e position sur la grille, à 2 secondes 3 de Bonnier, poleman. Graham Hill, qui court avec la même voiture qu’Ireland, se qualifie 5e à 0’7 secondes du leader. Ireland s’en sort très bien pour son premier GP. Relégué 10e au départ, il passe Brooks puis Phil Hill dans les 13 premiers tours. Il profite ensuite d’un problème de Graham Hill pour passer 7e. L’abandon d’Harry Schell au 46e tour le fera entrer dans le Top 6. Il passe ensuite Jean Behra puis profite d’un nouvel abandon, celui du leader, Moss, pour prendre la 4e position. Position qu’il maintiendra jusqu’à l’arrivée ! Son meilleur temps en course sera même meilleur que celui de Graham Hill.

Résultat très encourageant donc pour une première. Malheureusement pour lui, le reste de la saison ne sera pas aussi rose. Le grand prix de France, 2e participation en grands prix pour Ireland, le verra se qualifier en 15e position derrière son coéquipier. Avec presque 5 secondes de retard sur le poleman, sur le circuit de Reims. Grand prix que Tony Brooks mène du début à la fin pour en sortir vainqueur. Ireland est le 6e pilote de la course à abandonner, 7 tours après Graham Hill, sur un problème de roulement de roue. A domicile, pour le grand prix de Grande-Bretagne, Ireland déclare forfait avant même les qualifications : le britannique est malade et sera remplacé par Alan Stacey, qui terminera devant Graham Hill, en 8e position.

Le 2 août, sur le circuit d’Avus, Ireland part seulement 13e, à 11 secondes de Brooks. Il se retrouvera dernier suite à un mauvais départ et devra abandonner peu de temps après, toujours dernier, sur un problème de boîte de vitesse cette fois-ci. Et le grand prix suivant, au Portugal, ne fut pas mieux. Il n’obtient que le dernier temps des essais qualificatifs, à 3 secondes de son coéquipier, avant dernier. Et sa boîte de vitesse le lâche à nouveau, à peine 3 tours après le départ. Graham Hill abandonnera la course suite à un abandon avec Phil Hill, 2 tours plus tard : course à oublier pour Lotus ! La grand prix d’Italie, avant dernier de la saison, sera le dernier de la série noire de 59 du malchanceux Innes Ireland. 14 e au départ, il prend un excellent envole et pointe 7e au tour suivant. Mais un problème le fera pointer 18e quelques tours plus tard ! Finalement, le 14e tour marque la fin de sa course : ses freins ont lâché.

Le grand prix des Etats-Unis marque la fin de la saison 1959. Ireland s’élance 9e et prend un bon départ. 5e au premier passage, il double ensuite Phil Hill avant de se faire passer par Allison. Il passe 4e lorsque Moss abandonne sur un problème d’embrayage, mais rétrogradera à la 8e place dès le tour suivant. Peut être une légère sortie de piste. Ou bien un petit problème sur sa Lotus. Il remontera ensuite durant toute la course, doublant les pilotes malchanceux contraints à l’abandon, et franchira la ligne d’arrivée en 5e position.

Deux courses bouclées entièrement et deux arrivées dans les points ! Si l’on met de côté les grands prix où la mécanique de Innes à lâchée, ses résultats sont plutôt prometteurs ! 5 points inscrits dans cette saison.

La saison 1960 lui réserva une bien meilleure surprise. Rien qu’hors championnat de F1, Ireland participe à quelques courses de F2 et s’impose trois fois à domicile. Il remporte également cette année l’International Trophy, le Glover Trophy et le Lombank Trophy, terminant 4e au Grand Prix de Buenos Aires et abandonnant à nouveau au Silver City Trophy, pour la deuxième fois en deux participations (il fit le même score en 1959).

Après un début de saison un peu lent (1 point au GP de Buenos Aires, celui-ci comptant pour le championnat de Formule 1 1960, aucun points à Monaco), Ireland semble retrouver Zandvoort avec grand plaisir. Qualifié 3e, il termine le GP en 2e position derrière un Jack Brabham qui aura dominé toute le course. Score nul en Belgique, où il signe tout de même le meilleur tour en course, ainsi qu’en France, mais un escond podium dans le palmarès d’Ireland à domicile, derrière le champion du monde Jack Brabham et le futur couronné John Surtees (1964). Au Portugal, il termine 7e, à la porte des points, mais le déclassement de Stirling Moss pour conduite à contre-sens le fais monter jusqu’en 6e position, et Ireland termine la saison 1960 en 4e position, avec 18 points. Un seul point de retard sur Stirling Moss.

En 1961, Ireland participe à 13 épreuves hors-championnat et s’impose à deux reprises : Au Flugplatzrennen, sur le circuit de Zelweg sur lequel il brille tant, et à Solitude. Sa victoire à Solitude lui vaudra d’ailleurs sa marque dans l’histoire du sport automobile. Pas pour le résultat en lui-même, mais pour la façon dont il l’a fêté. Une anecdote racontée aujourd’hui encore ! En effet, Innes Ireland, grand amateur d’alcool, alla dignement fêter sa victoire comme il se doit, dans un bar. Mais on le retrouva plus tard sur le toit de son hôtel, une carabine à la main, tirant des coups de feu en l’air. Des coups de feu de protestation. Dans l’espoir de faire rouvrir le bar d’en face, dont le barman avait fermé trop tôt à son goût ! Suite à cet incident, les organisateurs du GP suivant, en Allemagne, tentèrent en vain d’exclure Ireland de la grille de départ ! Mais revenons un peu plus tôt en arrière.

Le début de saison fut dur pour Ireland. Resté chez Lotus, il est désormais coéquipier d’un certain Jim Clark. En sortant du tunnel à Monaco, il se trompa de rapport et s’encastra dans les rails de sécurité. Blessé, il ne put participer au GP des Pays-Bas qui l’avait vu lui offrir sa première arrivée dans les points, puis son premier podium. Remplacé par Taylor, Ireland revient alors pour le GP de Belgique où il ne marque aucun point. La série noire prit fin au GP de France où Innes Ireland termina 4e. Et, bien qu’il n’inscrit plus un seul point jusqu’au dernier GP de la saison, sa saison 1961 fut sauvée par une victoire, la première de son palmarès, montrant de quoi il est capable, pour l’ultime épreuve : Le GP des Etats-Unis. 6e du général avec 12 points, un résultat tout à fait honorable !

12 épreuves hors championnat pour Ireland en 1962. Parmi lesquelles une victoire au Crystal Palace Trophy, 6 podiums et 8 arrivées dans le top 4. Le reste n’est qu’abandons. Innes Ireland court encore avec des Lotus, mais pour l'UDT-Laystall Racing Team cette saison. Et quelle saison ! S’il a brillé hors championnat, Ireland ne termine qu’une seule fois dans les points lors des épreuves officielles : au dernier GP, celui d’Afrique du Sud. Il marque 2 points en signant une 5e place.

En 1963, il termine 4e à Zandvoort et en Italie, inscrivant 6 points dans la saison, ce qui lui vaut la 9e place du championnat. Sans casse moteur à 2 tours de la fin, Ireland aurait logiquement terminé sur le podium en Italie. Il court alors pour BRP, d’abord sur des Lotus puis sur des monoplaces utilisant les propres châssis de l’écurie.

Au niveau Epreuves Hors-Championnat, là encore Ireland se détache des autres pilotes en s’imposant au Glover Trophy, terminant 4 des 7 épreuves sur le podium, une cinquième en 4e position, marquant les deux autres épreuves par deux abandons.

En 1964, Ireland s’impose au Daily Mirror Trophy et termine sur le podium du GP de la Méditerranée. Niveau championnat du monde, deux cinquièmes places aux GP d’Autriche et d’Italie lui vaudront 4 points et la 12e place du championnat.

En 1965, Ireland arrive en championnat pour le GP de Belgique, 3e de la saison, après avoir dégotté un volant chez Reg Parnell Racing. Mais son manque de résultats lui verra un remerciement de son écurie. Aucune arrivée dans les points pour Ireland. Hors championnat, il termine dans le top 6 des Grands Prix de la Méditerranée et du Rand.

En 1966, il ne participe qu’aux GP des Etats-Unis et du Mexique chez Bernard White Racing, sans résultat. Il termine également 4e de l’International Gold Cup qui sera sa dernière de 53 épreuves Hors Championnat !

Il dispute, pour terminer sa carrière, les 12 heures de Sebring en 1969.

57 engagements, 50 participations, 1 victoire, 1 meilleur tour en course, 4 podiums, 24 abandons, 47 points, 43 tours en tête. Un palmarès qui fait ressortir Innes Ireland de la longue liste de pilotes qui ont tenté leur chance en formule 1. S’il n’a jamais joué le titre, il a quand même joué les grands rôles en 1960.

Innes Ireland a ensuite pris la tête du BRDC (British Racing Driver’s Club) en 1992, jusqu’à son décès en 1993, suite à un cancer. Il fut relayé à la tête du BRDC par l’excentrique Alexander Hesketh.


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Ici avec Chapman, Clark et Stacey

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