Popularité de la F1

C'est ici que l'on parle des dernières actus et rumeurs de la F1
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Popularité de la F1

Message par membre-supp-01 » mer. 07 mars 2018 3:13

Ici le sujet pour discuter et rapporter des actus sur l'état de santé et de popularité de la F1

et pour commencer voici des chiffres assez parlants trouvés sur le net :
en 2006 600 millions de gens ont vu au moins quinze minutes de F1 dans l'année
en 2017 350 millions.
Source :
http://www.lemonde.fr/sport/article/201 ... _3242.html

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Thrustmaster
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Message par Thrustmaster » mer. 07 mars 2018 4:09

Je me suis permis de renommer le topic pour ne pas faire doublon avec le baromètre des notes. ;)
"Même si vous êtes mieux armé que lui, Schumacher reste une menace. Quand vous menez un Grand Prix, vous sentez son souffle sur la nuque. Et dès que vous baissez la garde, vous sentez sa morsure."

DRS : Dispositif Ruineur de Sport/Suspense

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Message par Plugin » mer. 07 mars 2018 4:45

L'article du Monde au passage pour ceux qui n'y ont pas accès:


Londres - correspondance - La formule 1 doit se réinventer à l'orée de sa nouvelle saison. En 2006, 600 millions de téléspectateurs à travers le monde ont regardé au moins quinze minutes de F1 dans l'année. En 2017, leur nombre avait chuté à 350 millions, presque deux fois moins. En se concentrant sur les fans réguliers, la chute est moins impressionnante (- 12 % sur la même période), mais la tendance reste fortement à la baisse.

Chase Carey, le président depuis un an del'entreprise qui gère la F1, Formula One Group, en a fait sa mission : mettre fin au déclin et refaire des courses automobiles une véritable attraction populaire. « On veut rendre le sport plus intéressant sur le circuit. Nos courses doivent être plus compétitives, avoir plus d'action, et devenir moins prévisibles », explique-t-il au Monde.

Son objectif est que ce sport, dont le modèle historique est ­désormais d'une autre époque - moteurs fumants et vrombissants, grid girls (« hôtesses de circuit ») plus ou moins dénudées, concurrences d'anthologie entre pilotes -, fasse à nouveau rêver. En 2018, entre le mouvement #metoo, le scandale du diesel et l'extrême domination d'une ­poignée d'écuries, il faut réinventer la formule 1.

Commencés le 26 février, les premiers essais de la nouvelle saison viennent de s'achever, avant la première course à Melbourne le 25 mars. Mais, cette année encore, Mercedes, qui a remporté le championnat les cinq dernières années, demeure l'immense favori. M. Carey ne cache pas un vrai souci. « L'an dernier, on a eu un peu de compétition, mais ce n'était qu'entre deux personnes [Lewis Hamilton et Sebastian Vettel, le premier finissant par l'emporter]. Ce qu'on veut, c'est un sport où le challenger puisse gagner. On n'a pas connu ça en 2017. Et, cette année, ce ne sera pas très différent. » Depuis 2010, seules deux écuries ont remporté le championnat : Red Bull pendant quatre ans, puis Mercedes depuis 2014. « La F1 est devenue trop parfaite. Ce qui rend les choses intéressantes, c'est l'erreur. Si rien ne va jamais de travers, on peut l'admirer, mais ce n'est pas très excitant ni dramatique », estime M. Carey.

Drôle de personnage pour relancer la F1... L'homme, avec ses extraordinaires bacchantes retroussées, est un Américain, terre où le championnat IndyCar règne en maître. Il se définit poliment comme un « fan occasionnel de la formule 1 », et connaît bien mieux les sports américains que les courses automobiles.

M. Carey est issu du monde de la télévision, ayant longtemps été le bras droit de Rupert Murdoch, le magnat des médias. Quant aux voitures, il n'en a pas à Londres, où se trouve le siège de la F1, et ne se déplace qu'en taxi.

Bernie Ecclestone écarté

L'homme a été appelé à la tête de la F1 par le milliardaire John C. Malone. Son entreprise, Liberty ­Media, a racheté la formule 1 pour 8 milliards de dollars (6,6 milliards d'euros) en janvier 2017. M. Malone espère avoir déniché une pépite : un sport mondial, connu de tous, mais mal géré et en déclin. A M. Carey de redresser la barre.

Le choc est historique. Voilà une entreprise américaine cotée en Bourse, qui pratique la langue de bois et le « politiquement correct », qui s'empare d'une PME aux pratiques extrêmement informelles. Jusqu'alors, la F1 était l'affaire d'un homme, Bernie Ecclestone, qui a dirigé pendant quatre décennies l'entreprise depuis chez lui, au centre de Londres. Ses employés n'avaient souvent pas de contrat de travail en bonne et due forme, les accords étaient scellés d'une poignée de main et tout était rapport de force. M. Ecclestone avait négocié des contrats en or - y compris pour lui - et a plusieurs fois été ­accusé de corruption : en 2014, il a versé 100 millions de dollars pour régler un procès à l'amiable en Allemagne. De l'avis d'un ancien dirigeant d'écurie de F1, l'homme était très efficace, « sauf que son objectif n'était pas de faire grandir le sport, mais de maximiser sa rentabilité . Et tant pis pour l'audience ou le spectacle, tant que les sponsors étaient contents.

Aujourd'hui, M. Carey confirme, version polie : « Il faut reconnaître que les gens qui l'ont géré pendant des décennies ont construit un sport formidable. Mais, depuis cinq-six ans, celui-ci n'a pas réalisé son vrai potentiel. »

L'une de ses premières décisions a été d'écarter M. Ecclestone. L'entreprise qui gère la formule 1s'est ensuite trouvé des bureaux dignes de ce nom, quittant la maison du dirigeant historique. Une trentaine de personnes ont été embauchées, notamment pour faire de la recherche en marketing. Pour le reste, M. Carey ­consulte largement le monde de la F1, des constructeurs aux sponsors en passant par les écuries et les télévisions, en vue de s'attaquer à deux énormes chantiers.

Le premier concerne l'audience télévisée. Sous le « dictateur » qu'était M. Ecclestone (c'est lui qui le disait), la logique était simple : les télévisions cryptées, qui payaient le plus, obtenaient les droits de diffusion. Résultat, de moins en moins de personnes ont eu accès aux courses. Cette approche a sans doute rapporté à court terme, mais, aujourd'hui, l'intérêt pour le sport s'effondre. En France, 31 millions de téléspectateurs regardaient la formule 1 en 2008, contre... 7 millions en 2017. Explication : Canal+ a obtenu les droits en 2013 et diffuse les courses en crypté. En Chine, quand la diffusion a quitté CCTV, la télévision nationale, l'audience a chuté... de presque 100 millions de personnes.

Plus de courses en clair

M. Carey entend renverser cette tendance, en diffusant plus de courses sur des supports gratuits. Cela concerne les télévisions, mais aussi les médias sociaux. Quitte, reconnaît-il, à gagner un peu moins d'argent à court terme. « En 2017, on a passé un ­accord - je ne dirai pas lequel - au terme duquel on a décidé de gagner un peu moins d'argent en échange d'une audience plus importante. Il y a une limite à ça, bien sûr. Mais l'audience est importante pour nous. » Ainsi, en France,TF1 va retransmettre quatre courses cette année, tandis que Canal+ conservera le reste.

En complément et pour capter une audience encore plus large, Liberty Media a aussi annoncé, le 27 février, qu'il allait lancer son propre service de télévision à la demande, baptisé « F1 TV », pour proposer les courses sans diffuseur intermédiaire, à un tarif compris entre 6,50 et 10 euros par mois. Ce service, décrit comme un « moyen innovant pour les fans d'améliorer et de profiter de leur expérience des courses », sera mis en place « tôt dans la saison » 2018. Il sera présent d'abord seulement sur PC, puis des applications TV et mobiles seront créées.

Ce chantier, délicat, n'est cependant rien par rapport à la bataille qui se prépare en coulisses avec les écuries de F1. Pour rendre le sport plus compétitif, l'objectif est que la distribution de l'argent entre les équipes soit plus équilibrée. Aujourd'hui, le système est particulièrement inéquitable. L'écart entre l'écurie qui touche le plus (Ferrari, 180 millions de dollars) et celle qui touche le moins (Haas, 19 millions) est extrême, selon les chiffres du site spécialisé AutoSport. Ferrari bénéficie en particulier d'une prime automatique liée... à la place qu'elle occupe dans l'histoire de la formule 1.

Ces arrangements arrivent à échéance en 2020. Chase Carey promet de remettre tout à plat, souhaitant faire cesser l'extrême inflation des budgets (Mercedes dépense 500 millions de dollars par an) : « Tout le monde est d'accord pour dire que ce que les écuries dépensent aujourd'hui n'a pas de sens. La ­bataille ne devrait pas se résumer à qui dépense le plus. »

Le patron de la F1 refuse cependant d'entrer dans les détails, n'expliquant pas comment les petites équipes pourraient être sur un pied d'égalité sans que les grandes équipes perdent leurs avantages. Les négociations se dérouleront cette année, à commencer par le choix des moteurs pour l'après-2020.

Ferrari est consciente du danger et menace de se retirer de la compétition. M. Carey, tout en reconnaissant que l'écurie italienne est « unique », ne semble pas très ému par ces intimidations : « C'est une super équipe, avec beaucoup de fans. Mais il y a d'autres grandes équipes. » L'épreuve de force s'annonce tendue. Mais c'est à ce prix que la F1 pourrait retrouver de son éclat d'antan.
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